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L’éternel retour du Männele, un indispensable de la Saint-Nicolas

par Martin Savail

En Alsace, le männele a fait son grand retour dans les vitrines des boulangeries. Loin d’être une simple brioche, ce petit pain au lait de forme humaine est une tradition ancienne partagée dans plusieurs régions de l’est de la France à l’occasion de la Saint- Nicolas.
Depuis la mi-novembre, de curieux personnages sont de retour dans les boulangeries alsaciennes. De plus en plus d’ailleurs, les commerçants eux-mêmes prennent l’habitude d’une abondante communication à cette occasion.



« Ils sont de retour ! » claironne fièrement une boulangerie strasbourgeoise sur ses réseaux sociaux. Et chacun y va de sa photo, story Instagram, ou même vidéo travelling à grand renfort de musique (on a pu entendre tant l’Odyssée de l’espace que Guess Who’s back) pour mettre en scène la horde de
männele qui a envahi les étalages.

Nom d’un petit bonhomme


Le männele, bien sûr. Enfin… pour être totalement honnête, cela ne fait pas consensus. Comme pour chaque spécialité régionale, la fierté géographique impose une querelle de dénominations : on n’y
coupera pas ici. Les Bas-Rhinois parlent donc de « Männele » ou de « Mannele » tandis que les Haut-
Rhinois ne jurent que par le « Mannala ». Et les deux camps s’unissent volontiers contre les Franc-
Comtois disant « Jean Bonhomme » et les Vosgiens et leur « Coualé ».
Et pourtant, toutes ces appellations se valent. En Alsacien, le suffixe –ele désigne « petit ». Un mannele
est un « petit homme », mais cela marche avec tout : une petite fille appelée Lise deviendra Lisele,
Joseph « Seppele » etc.
La désignation vosgienne « coualé » veut dire « tordu » en dialecte lorrain. Et c’est aussi plutôt parlant
puisque bien souvent, les petits bonhommes n’ont pas fière allure, les jambes et les bras ayant été
détaillés rapidement par deux-trois coups de ciseaux dans un boudin de pâte.

Gourmandise de fête


Mais qui représentent ces petites brioches dorées ? Pour beaucoup, il ne s’agit de nul autre que Saint-
Nicolas, patron des enfants (mais aussi de Lorraine). La légende raconte que l’évêque de Myre a
ramené à la vie trois enfants qui avaient fini dans la tourte d’un boucher peu commode. C’est pour
cette raison que d’autres racontent que les männele représentent les enfants eux-mêmes.
Déguster un männele en plein mois d’août ? Outre le fait que la scène provoquerait en chaque témoin
une réelle incompréhension, il faudrait en plus de cela se lever de bonne heure… et le faire soi-même.
Et pour cause, le männele est indissociable de la Saint-Nicolas. Aucune boulangerie ne vend les
précieuses brioches en dehors de cette période. Aucune.

La Saint-Nicolas étant célébrée le 6 décembre, la tradition veut que les enfants dégustent les männele à
cette occasion, ou la veille au soir. Et on trouve des traces de cette pratique depuis le 15 e siècle !

De nos jours, les boulangeries démarrent généralement leur production vers la mi-novembre, l’apparition
des petits bonhommes marquant l’entrée dans une période hivernale et l’arrivée prochaine des fêtes.
Et pour la durée, tout dépend de la sensibilité de l’artisan. On verra ainsi des boulangeries cesser tout
bonnement la production des männele à compter du 7 décembre : la tradition, c’est la tradition !
Mais la plupart d’entre elles sont plus souples et continue d’en proposer durant une partie du mois de
décembre.


Une palette toujours plus large

Chacun a son männele préféré et sa tolérance vis-à-vis des uns et des autres. Comme pour les
dénominations, le moindre écart avec le souvenir que chacun s’en fait est parfois vu comme une
terrible hérésie.
Certains ne le conçoivent que nature et voient les pépites de chocolat qu’on peut lui adjoindre comme
une véritable provocation. D’autres, plus téméraires, penchent vers celui aux raisins secs. Et ces dernières années, on a pu voir des boulangeries alsaciennes s’essayer à quelques excentricités en
proposant des männele aux pralines roses, au streussel ou encore intégralement recouvert de chocolat
fondu.

En Alsace, il n’est pas rare non plus de le trouver recouvert de glaçage – véritable obsession
régionale qui concerne par exemple aussi les pains au chocolat.


A la différence du pain d’épices – également incontournable de la Saint-Nicolas-, le männele ne
s’offre pas particulièrement, il se contente d’être omniprésent dans la vie des habitants des régions
concernées. On en amène une flopée pour les collègues, on le croque dans la rue en marchant, on le
déguste chez soi, seul ou en famille, avec un chocolat chaud et une clémentine.

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